23 septembre 2006

Lacrimosa.

Nous étions hier vendredi, et j’avais décidé de rester dans la ville de mes désillusions pour me frotter a l’indigène, me prouver à moi-même qu’il n’est pas d’endroit dans ce monde où l’on ne peut être heureux si on l’a décidé.
Il est peut être bon de préciser qu’un après midi sur le net avait réussi a faire revenir d’un coup tous mes fantômes et je ne ferai pas le détail de ce que mon humeur a nécessité de lexomil…
Nous voici donc hier soir en goguette avec H mon fidèle compagnon de galère assister tout d’abord à un concert de musique genre Jazz dans un bar a tapette de la rue Colbert, quelque chose d’un peut chic si l’on compare aux autres endroits de la ville.
Évidemment le jazz n’est pas ma musique préférée ,surtout lorsqu’un quart de ton sépare la chanteuse de son pianiste, mais la on va me dire que je suis mauvaise alors passons, nous nous sommes assez vite retrouvé en terrasse avec mon ami A, le prof d’hi s de l’art.
Heureux hasard de le rencontrer dans ce bar, non seulement pour le coté plaisant de son compagnon,
Pour la soirée mais surtout pour le coté réconfortant de son existence qui signifie pour nous que la vie est possible, même si  notre quotidien alterne dangereusement entre rire et larme, au moins jusqu’à quarante ans.
Bref, de cette terrasse ou l’on voit défiler la marchandise s’en aller vers le bar à Cul de la ville, je vois passer le dernier foyer de transfert de mes émotions, un adorable brun, tout ce qu’il y’a de commun si on le démembre mais qui si on le regarde dans son ensemble vous laisse…comment dire…vaporeux..
Bref, me voila reparti dans un delir romanticoviscontino fellinien,
Me disant le voila le beau brun de l’autre fois, je l’ai laissé passé et je le regrette, cette fois j’y vais et il ne repartira pas sans etre vidé de sa substance -élégant non?-
Incontinent je file donc au bar a coït retrouver mon centaure, flanqué de H qui le regarde de pres et me dit, le voila mon prince charmant de la semaine dernière, le type de paris que j’ai mis trois jours a oublier, un danger public pour toute personne un peu trop seule.
La dessus évidemment crise de rire d’abord quisque l’on se rend compte que l’on parle depuis plusieurs jours des charmes du même homme, qui a ce moment la était flanqué de deux autres minets.
Dieu que la vie est dure….et dans de tel moments je suis incapable de me rappeler les conseils de la fontaine, « ne soyons pas si difficiles, les plus accommodants ce sont les plus habiles, on se hasarde de perdre en voulant trop gagner, gardez vous de rien dédaigner »   on y pensera.
Bon au final je me retrouve désespéré échevelé, livide au milieu des tapettes, incapable pour un moment de me forcer à un sourire.
Ne pouvant me résoudre à rester dans un tel désarroi je file nonobstant dans la discothèque a pd, ou je m’ennui aussi ferme, mais ça c’est normal, il parait que des tas de gens s’ennuient en discothèque, j’ajouterai même pour prouver ma bonne foi, que la programmation musicale etant inchangée depuis que je la connais, et cette soirée etant dédiée à l’élection de miss camping- comprenez par là de la moins gourdasse des travelottes, ce qui n’estpas evident a trouver de nos jours..-, bref, vu l’ambiance, finalement que l’on ressente un ennui très intense cela semble normal.
La dessus arrive un type qui me plait bien, que je vois souvent dans les bars, a qui évidemment je n’ai jamais parlé, bah oui vous n’y pensez pas, dans mon extrême reserve il est impossible encore
d’approcher un garçon  sans un protocole établi et validé par, disons, une académie..
Bon enfin la soirée battait son plein quoi, je ne peux pas dire mieux, les mauvaises du bout du bar malgré leur grand age déversaient toujours leur fiel, les coiffeuses jeunes ou pas
arboraient fièrement leur string dépassant du jean- effet paupiette garanti passé quarante ans-, les puantes qui ne se sentent plus car ça est elles ont attend le but de toute personne équilibrée dans le vie:  s’installer à tours, la capitale, et entrer gratuitement dans le temple des temples, la boite à pd…toujours aussi puantes, la sauterelle du serveur qui se goise en regardant de son air le plus mauvais- genre la biche egarée dans les phares d’une voiture- un type en disant « de toute façon je m’en fou si je veux je peux le faire virer », chut ne lui dites pas que des tas de du barry d’opérette on essayé de le faire et se sont retrouvé sur la paille comme avant…
Je deviens mauvais la je crois..
Bon enfin naturellement, je ne me rappelle pas trop comment, au climax de la soirée, c’est-à-dire a un moment ou il y’avait trois grosses travelottes engoncées et mal disposées sur un podium attendant leur récompense - rien les patrons sont trop radins-, A se plaignant dans mon oreille gauche de ses déboires, moi regardant le garçon qui décidemment me plaisait, et pensant que décidemment dans cette ville quelque chose cloche , que j’aurais mieux fait d’accepter ce rendez vous au moyen orient ce week end qui aurait pu me permettre de faire le plein de cachemire chez hermes, ben la, comme ça je me suis mis a pleurer….., ben oui des fois quand je ne peux vraiment pas faire autrement je pleure en public.

Alors pauvresse que j’etais je suis parti au moment des slows - non cette boite ne vous épargne rien-, mes larmes séchées, a la sortie je tombe sur ce charmant jeune homme que je regardais et qui j’espere ne m’a pas vu pleurer, qui m’a gentiment invité à un after, qui s’est prolongé en un défilé de folles au halles a l’heure du marché- j’en ai profité pour faire mes courses-, je me suis couché à dix heures, beaucoup moins malheureux et aujourd’hui malgré mon réveil tardif dans l’apres midi, je me sens bien sans avoir rien pris pour.

Globalement je crois que ça veut dire que je commence a aller mieux, même si je vis toujours des crises un peu dures, je me réveille le lendemain en bon état en me demandant ce que je vais faire de ma vie, mais qu’au fond n’ayant pas de réponse ce n’est pas la peine de s’angoisser, j’aurais pu repartir dans une crise délirante parce que je n’ai pas récupéré le numéro du charmant garçon - F comme moi-, et non, je vis ça de façon assez calme, j’ai réussi a sourie de façon assez naturelle aux gens, tapé la causette avec une cloch’- au lieu d’etre super froid sur le coup et de pleurer en rentrant sur la misere de ce monde-; je rentre de la salle de sport ou j’ai tout raconté à H, la nuit arrive et je peux écouter Manon lescaut chanter « adieu notre petite table » en souriant, bref, je suis confiant. Ca s’arrange.

Posté par Emilientours à 23:02 - Commentaires [0] - Permalien [#]


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